choix d’outils pour restructurer un sol compacter

Bien choisir son outil

Restructurer un sol tassé

27/09/2013 | Terre-net Média

Les conditions climatiques de la dernière campagne ont généré des compactions parfois sévères. Certaines parcelles devront être remises en état. Arvalis-Institut du végétal et le Cetiom vous aident à bien reprendre vos parcelles endommagées.

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En plus de restructurer le sol, le labour facilite le contrôle des adventices. (©NicoleCornec/Arvalis)

Les cultures de printemps et celles au système racinaire pivotant (betterave, colza, tournesol…) s’implantent mal dans un sol compacté. Les cultures intermédiaires n’ont pas une efficacité miraculeuse sur le tassement du sol et un travail profond tel qu’un décompactage, un pseudo-labour ou un labour, sera donc positionné en priorité devant ces cultures. Les céréales d’hiver tolèrent mieux le tassement du sol et se satisfont de semis direct ou d’un travail superficiel à moins de 5 ou 10 cm de profondeur, dans la grande majorité des cas. La fenêtre d’intervention du travail profond se situe en général en fin d’été ou en début d’automne, sur des sols ni trop secs ni trop humides. La période optimale varie en fonction des conditions de l’année, du type de sol et de l’outil utilisé (tableau1).

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Tableau 1 : périodes de travail selon le type d’outils (©Arvalis) 

Décompactage : jusqu’à 35 cm sans mélange de couches

Le décompactage, parfois appelé ameublissement ou fissuration, se justifie dans les sols dégradés en profondeur. Certains outils peuvent travailler jusqu’à 20 voire 35 cm sans mélanger les couches de terre. Ils maintiennent la matière organique ou les résidus de récolte en surface, préservent la portance du sol et produisent en général assez peu de terre fine.

Le pseudo-labour pour les 15 à 25 premiers centimètres

D’autres opérations créent davantage de terre fine ou enfouissent plus de résidus que le décompactage. Le pseudo-labour consiste ainsi à travailler le sol entre 15 et 25 cm de profondeur et à répartir les débris végétaux sur tout le profil. La technique est principalement utilisée en sols argileux où elle émiette mieux le sol qu’un labour. Derrière le maïs grain, le pseudo-labour assure à la fois une restructuration d’éventuelles zones tassées et un bon enfouissement des débris végétaux.

Le labour exige une reprise avant les semis

La charrue se distingue des décompacteurs et outils de pseudo-labour car elle retourne la couche arable du sol et enfouit les débris végétaux en profondeur. En plus de restructurer le sol, le labour facilite le contrôle des adventices, notamment des graminées, car il éloigne les graines de la surface. Cependant, un passage de charrue mobilise plus d’énergie et nécessite une reprise pour recréer un environnement favorable aux semences de cultures. Le sol nu derrière un labour facilite le semis mais sensibilise certains sols à la battance et au ruissellement.

Gérer une « semelle » de labour… sans labour

Dans les sols régulièrement labourés, c’est souvent la zone du profil cultural située entre 20-25 cm et 30-35 cm qui est la plus compacte. Dans un sol humide, le passage de la charrue peut en effet créer une semelle de labour. En cas de passage d’engins très lourds en conditions humides, la compaction peut aussi être suffisamment profonde pour atteindre l’horizon situé sous le labour. Il faut d’abord décider s’il est nécessaire de « casser » cette zone plus compacte sous les labours récents. Si un examen de la structure montre une zone très compacte, sans trace de fissuration ou de galerie de vers de terre, l’espoir est mince de voir les racines traverser cette zone, ou l’eau s’y infiltrer correctement.

Si la décision de restructurer ces semelles est prise, il faut absolument proscrire tant le labour que le pseudo-labour : ils augmentent la dilution de la matière organique et produisent de la terre fine en profondeur. Les roues du tracteur pourraient s’enfoncer encore plus et créer une semelle encore plus profonde dans le sol. La seule solution cohérente du point de vue agronomique consiste à réaliser un sous-solage (c’est-à-dire un décompactage à un peu plus de 20-30 cm) en visant les compactions situées en profondeur, toujours sur un sol bien ressuyé. La vérification de la profondeur réelle de travail s’effectue à la bêche car le foisonnement de la terre au niveau de la dent induit souvent en erreur.

À propos de paysanature16

depuis tout petit passionner d'agriculture j'en fait aujourd'hui mon metier et ma passion que demander de mieux. Sans la nature je ne serait rien.
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