Zones arborées : des bénéfices sous-estimés

Les aménagements sur une exploitation agricole privilégient souvent l’efficience économique et le caractère fonctionnel des constructions, au risque de minimiser de nombreux aspects annexes. Il est fréquent que l’environnement végétal soit négligé, malgré des bénéfices manifestes.

 

Zones arborées : des bénéfices pour l’exploitant agricole

Zones arborées

Les critères qui président à la conception de zones arborées recèlent de très nombreux bénéfices :

• Protection des bâtiments contre les effets mécaniques du vent.
• Diminution des coûts de production pour les élevages des régions froides. Dans les zones à climat continental où l’hiver est long, l’économie de chauffage peut atteindre de 10 à 25 % et celle des besoins en nourriture dépasser 10 % si l’on compare les installations d’élevage en plein vent et celles que l’on abrite au moyen dune ligne d’arbres brise-vent.
• Réduction des odeurs issues des bâtiments qui abritent les animaux, des ensilages, des stabulations, des fosses à lisier
• Atténuation des bruits liés à l’activité d’exploitation.

 

… et pour les autres

Zones arborées2

• Les nuisances perçues par la population locale non agricole nourrissent des accusations contre les travaux agricoles. Elles sont parfois à l’origine de critiques, voire de plaintes contre les agriculteurs. On constate régulièrement que là où des dispositifs végétaux arborés ont été installés pour atténuer les conséquences de l’activité de l’exploitation, une meilleure cohabitation s’établit entre voisins et les tensions tendent à diminuer.
• De tels efforts se traduisent objectivement par une amélioration paysagère qui favorise le tourisme en milieu rural et valorise les efforts consentis pour la création de gites.
• En raison de la nature botanique des arbres et des buissons installés, l’introduction de dispositifs arborés diversifie le milieu, participe aux corridors biologiques et influence positivement la diversité et l’abondance des oiseaux, qui y trouvent nourriture (ex. : insectes, baies, graines) et sites de nidification.
Bien souvent, les espèces aviaires qui vivent dans ces milieux sont différentes de celles que l’on rencontre dans l’espace agricole environnant (ex. : hirondelle).

Les haies, un enjeu majeur
pour la biodiversité et la qualité des sols

Les haies sont une pièce majeure du paysage. Elles sont indispensables pour le maintien de la biodiversité végétale et animale. Elles sont également déterminantes pour préserver la qualité des sols.


Limiter l’érosion des sols, faciliter l’écoulement de l’eau

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En régulant l’écoulement et l’infiltration de l’eau, la haie permet de limiter l’érosion des sols et de réduire l’entraînement des contaminants (fertilisants minéraux, lisiers, produits phytosanitaires) vers les nappes phréatiques. Les haies favorisent également l’infiltration des précipitations pour une bonne reconstitution des réserves en eau tout en limitant les risques d’inondation et de coulées de boues. Elles permettent enfin de protéger les berges et facilitent leur entretien.

 

Maintenir et accroître la biodiversité

Abri, zone de nidification ou de mise bas, ressource alimentaire, une haie offre de multiples atouts pour la faune sauvage et se présente comme un véritable corridor biologique :

• Les haies sont un gîte de choix pour certaines espèces de gibier comme la perdrix rouge, de batraciens comme le crapaud ou de reptiles comme les couleuvres.
• De nombreux oiseaux (merles, pigeons, passereaux) y trouvent des graines ou des baies pour subsister durant la période hivernale.
• Les haies sont aussi des réservoirs pour les insectes auxiliaires qui limitent les ravageurs ; certains systèmes de haies dites composites sont d’ailleurs recommandés en bordure des vergers.
• La floraison printanière des saules, des noisetiers ou des rosacées sauvages est très précieuse pour les insectes pollinisateurs.

 

Des avantages à redécouvrir

• Ombrage et abri des animaux domestiques.
• Protection des bâtiments d’exploitation.
• Effet brise-vent favorable à l’expression du rendement des cultures.
• Réduction de l’érosion éolienne.
• Ecran aux éventuelles dérives de traitement.
• Diminution du bruit.  

Focus
Repère
De 1975 à 1985, les haies ont régressé fortement (-43 %). Aujourd’hui, de nombreux programmes de replantation se développent partout en France. 

A propos paysanature16

depuis tout petit passionner d'agriculture j'en fait aujourd'hui mon metier et ma passion que demander de mieux. Sans la nature je ne serait rien.
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