Webjardiner

Astuces jardinage

samedi 10 avril 2021 

 Fabricant Leneindre
 Treillages.com
 mediaseine.fr
 Tendance carrelage
 Design Vegetal       
Menu général :
QR code :
QR_code

Code pour le forum en cours :


Code HTML en cours :
 Module QR Code © 2021  
Jardin potager
Jardin d'agrément
La flore sauvage
Linkxchange :
Photos aléatoires
Livre d'or :
Les nouvelles du forum

Inscription
Désinscription

Kokopelli: La Biodiversité sacrifiée

Article posté par Pistou.
Paru le lundi 16 juillet 2012 à 19:11
Vu 2424 fois.
Note : etoiles4 (8 votes)

Kokopelli: La Biodiversité sacrifiée



Bonsoir,

Je vous copie ici le message que j'ai reçu aujourd'hui de la part de Kokopelli.

"La Biodiversité sacrifiée sur l'autel de la productivité

La Cour de Justice de l'Union Européenne désavoue Kokopelli et son avocat général La Cour de Justice, par sa décision rendue aujourd'hui dans l'affaire Kokopelli c. Baumaux, vient de donner un satisfecit intégral à la législation européenne sur le commerce des semences.

Pourtant, le 19 janvier dernier, son Avocat Général nous donnait entièrement raison, en estimant que l'enregistrement obligatoire de toutes les semences au catalogue officiel était disproportionné et violait les principes de libre exercice de l'activité économique, de non-discrimination et de libre circulation des marchandises. (V. ses conclusions)

Ce changement de cap absolu ne manque pas de nous surprendre et de nous interroger.

La Cour, aux termes d'une analyse étonnement superficielle de l'affaire, et d'une décision qui ressemble plus à un communiqué de presse qu'à un jugement de droit, justifie l'interdiction du commerce des semences de variétés anciennes par l'objectif, jugé supérieur, d'une "productivité agricole accrue" !

L'expression, utilisée 15 fois dans la décision de la Cour, consacre la toute puissance du paradigme productiviste. Ce même paradigme, qui avait présidé à la rédaction de la législation dans les années soixante, a donc encore toute sa place en 2012. La biodiversité peut donc être valablement sacrifiée sur l'autel de la productivité.

Cela fait 50 ans que cela dure et le fait que ce raisonnement nous ait déjà amenés a perdre plus de 75% de la biodiversité agricole européenne n'y change donc rien. (V. les estimations de la FAO)

Si la Cour mentionne les dérogations supposément introduites par la Directive 2009/145 pour les "variétés de conservation", son analyse s'arrête à la lecture des grands titres. Comment les juges n'ont-ils pas voulu voir que les conditions d'inscription des variétés de conservation, dans la réalité, étaient restées pratiquement identiques à celles du catalogue officiel normal [1]? Le critère d'homogénéité, par exemple, particulièrement problématique pour les variétés anciennes, ne connaît aucune modération.

La Cour n'a-t-elle pas lu les témoignages de nos collègues européens, déjà confrontés à des inscriptions impossibles de leurs semences sur cette liste ?

Cette directive est un véritable leurre, que Kokopelli et tant d'autres organisations européennes ont déjà dénoncé, et ne vise pas à permettre la commercialisation des variétés anciennes ni même à conserver la biodiversité semencière.

De plus, cette biodiversité, qui a nourri les populations européennes pendant les siècles passés, est l'objet de la plus grande suspicion. La Cour va ainsi jusqu’à écrire, par deux fois, que la législation permet d'éviter "la mise en terre de semences potentiellement nuisibles" !

Cette remarque est totalement erronée puisque, comme l'avait justement relevé l'Avocat Général, l'inscription au Catalogue ne vise pas à protéger les consommateurs contre un quelconque risque sanitaire ou environnemental, auquel la législation ne fait même pas référence ! Cette remarque, surtout, est choquante, quand on pense que les semences du Catalogue, enrobées des pesticides Cruiser, Gaucho et autres Régent, ou accompagnées de leur kit de chimie mortelle, empoisonnent la biosphère et les populations depuis plus de cinquante ans !

Le lobby semencier (European Seed Association), qui a pris le soin, pendant le cours de la procédure, de faire connaitre à la Cour son désaccord avec l'avis de l'Avocat Général, se réjouit, dans tous les cas, de cette totale convergence de vues avec la Cour. (V. son communiqué et sa lettre adressée à la Cour.)

Nos adversaires directs dans cette procédure, c'est-à-dire la société Graines Baumaux, mais aussi la République Française, le Royaume d'Espagne, la Commission Européenne et le Conseil de l'UE, doivent également s'en frotter les mains.

Avec cette décision, les masques tombent : la Cour de l'Union Européenne est, elle aussi, au service de l'agriculture chimique mortifère et de son idéologie corruptrice.

Et Kokopelli, au contraire de tout ce qui a pu se lire ces derniers mois, n'a aucun intérêt convergent avec Monsanto et autres semenciers-chimistes. Ces craintes exprimées par certains n'étaient qu'élucubrations fantaisistes, voire malveillantes, à l'égard de l'association.

Mais tout cela se comprend par l'examen du contexte dans lequel prend place cette décision : en Europe, une réforme générale de la législation sur le commerce des semences est en cours. La procédure est placée sous le haut parrainage de l'industrie semencière. Les associations de sauvegarde de la biodiversité, petits producteurs, paysans et jardiniers passionnés, qui, à travers toute l'Europe, conservent clandestinement plus de variétés oubliées que tout ce que le catalogue des variétés appropriées n'en pourra jamais contenir, n'ont pas été invitées à la table des négociations…

Verra-t-on, dans ce cadre, le législateur européen redéfinir ses priorités ? Les semenciers veilleront à ce que cela ne soit pas le cas.

La France, dans ce cadre, joue un rôle particulier. Le Ministère de l'Agriculture a dépêché l'une des collaboratrices du GNIS [2], Mme Isabelle Clément-Nissou, auprès de la Commission Européenne (DG SANCO), afin de rédiger le projet de loi ! Mais les conflits d'intérêt, inadmissibles, ne semblent choquer personne au niveau des institutions européennes…

Ainsi, l'étau se resserre et les perspectives pour la biodiversité n'ont jamais été aussi sombres.

Et l'Association Kokopelli, qui depuis 20 ans veille avec passion à la préservation du patrimoine semencier européen, bien commun de tous, sans la moindre subvention publique, pourrait donc bien disparaître demain, car son activité, qui gêne l'une de nos sociétés commerciales les mieux installées, ne présente pas d'intérêt pour une "productivité agricole accrue". Cette décision nous sidère, autant qu'elle nous indigne.

Plus que jamais, Kokopelli a besoin du soutien moral de la population. Car il n'est pas admissible que les variétés anciennes, héritage de nos grands-parents, soient interdites de cité !
Nous en appelons également à notre gouvernement. La gauche, sous les précédents gouvernements de droite, nous a dit pouvoir compter sur son soutien à de nombreuses reprises. Il est temps maintenant qu'elle transforme ses promesses en actes (en commençant par retirer son mandat à Mme CLEMENT-NISSOU) !

Kokopelli, le 13 juillet 2012.

[1] La directive 2009/145 prévoit que les critères de distinction et de stabilité sont laissés à la discrétion des Etats membres et que, par contre, «pour l'évaluation de l'homogénéité, la directive 2003/91/CE s'applique» : art. 4 §2

[2] Le GNIS représente les semenciers professionnels en France et dit officiellement «défendre les intérêts de la filière semence» – V. son site Internet

Ce que nous voulons, sur le plan législatif et réglementaire :

Le Catalogue officiel actuel est le pré-carré exclusif des variétés protégées par des droits de propriété intellectuelle, hybride F1 non reproductibles. Qu'il le reste.

Nous voulons que les semences anciennes et nouvelles appartenant au domaine public et librement reproductibles sortent du champ d'application de la législation sur le commerce des semences.

Il n'existe pas de catalogue officiel obligatoire pour les clous et les boulons. Il n'y a pas de raison de soumettre les semences à une procédure préalable de mise sur le marché, comme les pesticides ou les médicaments, pour les cataloguer dans un registre.

Des objectifs de qualité et de loyauté dans les échanges commerciaux peuvent être aisément atteints par un règlement de base fixant des critères minimums en termes de qualité sanitaire, faculté germinative, pureté variétale et pureté spécifique.

Que demande la société Graines Baumaux ?

Notre adversaire devant la Cour d'Appel de Nancy demande la condamnation de Kokopelli à lui payer 100.000 €uros de dommages-intérêts, ainsi que la cessation de toutes les activités de l'association. Pour information, au 30 juin 2011 la société Baumaux avait un chiffre d'affaire annuel de 14 millions d'€uros et un résultat net de 2 millions d'€uros."



Mots clés : kokopelli, baumaux, mosanto, justice, legislation, commerce

>>Masquer les commentaires  [9]

Commentaire n°9/9 :: Pétition en soutien de Kokopelli

Remonter Posté le 20/07/2012 par BinetteNantaise

 
Bonjour à tous,

J'ai trouvé ce lien-ci : http://www.univers-nature.com/signez/?code=cat
pour la pétition qui soutient Kokopelli.
Je ne sais pas de quand ça date, mais bon ça a l'air de fonctionner aujourd'hui.
 
avatar

Commentaire n°8/9

Remonter Posté le 19/07/2012 par Pistou

 
Je pense qu'il y a certainement moyen d'organiser une pétition. Il faudrait voir ça avec eux car dans le passé ils en ont déjà fait circuler.
Ce qu'on peut faire c'est nous y inscrire, les soutenir, acheter des graines...bref ce qu'on fait déjà en fait...surtout faire circuler les informations et sensibiliser les gens. En tout cas ceux que ça intéresse.

(nan mais parce qu'on a tous un proche qui trouve que les OGM en agriculture c'est GÉNIAL, que le pétrole c'est la huitième merveille du monde et qu'il y en aura toujours et que la Terre a des ressources inépuisables alors faut arrêter de raconter n'importe quoi, hein...)
 
avatar

Commentaire n°7/9 :: Quel dommage, quelle honte !

Remonter Posté le 19/07/2012 par BinetteNantaise

 

Moi qui en était restée à janvier dernier quand Kokopelli avait gagné...
Comment les soutenir, plus qu'en semant leurs graines et en boycottant les F1 ?
N'y a-t-il pas moyen de peser sur cette dernière décision, par exemple en organisant une pétition comme pour les abeilles dans l'espoir de recueillir plus d'un million de signatures ?
 
avatar

Commentaire n°6/9

Remonter Posté le 17/07/2012 par pascale

 
Apprendre à récupérer les graines oui bien sûr mais comme tu le dis très justement Pierre, nos enfants eux n'auront plus de choix. La biodiversité sera un mot qui aura perdu son sens.
Voilà où mène notre système productiviste ultra libéral...
Un combat de perdu mais il faut quand même continuer à se battre et espérer. Ne pas abandonner en se disant que l'on ne peut rien. Tout est fait dans cette société pour nous décérébrer, ne plus penser donc ne plus agir, il ne faut pas qu'ils aient en plus cette victoire là car alors...
 
avatar

"La fin est dans les moyens comme l'arbre dans la semence" Gandhi

Commentaire n°5/9 :: Lorsqu'on

Remonter Posté le 17/07/2012 par Pistou

 
voit que B.... demande 100 000 euros et la cessation des activités pure et simple de Kokopelli je ne sais pas qui pourrait avoir encore des doutes sur l'honnêteté et la bonne volonté de cette entreprise.
En plus Kokopelli travaille dans le monde entier avec les paysans et fournit des graines gratuitement à ceux possédant peu ou pas de ressources.
Des vraies semences qui peuvent être reproduites, pas comme les dons "désintéressés" de Monsanto en Amérique du Sud qui file ses OGM le sourire aux lèvres et attend que la contamination ait eu lieu en se frottant les mains.

Dans notre modèle libéral ça frôle le grand Satan et l'exemple qu'il faut abattre.
 
avatar

Partenaires: Passion faune et flore | Tendance-carrelage | Abri de jardin | Lienendur | Au petit potager | Petz-passionanimaux |




Les connectés : (0 membre - 49 visiteurs - 3104 visites aujourd’hui) ♦ 10 989 461 visiteurs depuis le 06/09/2002